
17-10-2025
Le radar : Le Soudan entre l'effondrement, le démantèlement - une lecture de la situation actuelle
Par l'écrivain / Ihab Al-Nakhli
Face à l'escalade des crises successives au Soudan, de l'effondrement du système de santé à l'aggravation des conflits armés, un scénario plus sombre se profile à l'horizon, dont les contours se dessinent dans les cercles de la politique internationale et dont les outils sont mis en œuvre localement. Mais la vérité est que ce qui se passe est la mise en œuvre systématique d'un plan colonial visant à démanteler le Soudan, à piller ses richesses et à l'éloigner du projet d'islam politique, dans le cadre d'une restructuration de la région au service des intérêts des puissances occidentales.
L'effondrement du système de santé n'est pas seulement le résultat d'une négligence, mais une politique délibérée visant à affaiblir la capacité de résistance du peuple soudanais. Les hôpitaux sont bombardés, l'aide est politisée et les épidémies sont laissées à se propager et à tuer des millions de personnes, en l'absence totale de tout plan ou vision indépendante. La crise du barrage de la Renaissance est gérée de manière à ce que le Soudan reste otage des intérêts des Juifs sous la supervision directe des Américains, sans tenir compte de la souveraineté ou de la sécurité hydrique du pays. Quant aux guerres internes, elles sont alimentées par des armes et des financements, et gérées par des mandataires locaux, dans le but d'épuiser l'armée et de démanteler le tissu social, ouvrant ainsi la voie à une intervention internationale sous des prétextes humanitaires.
Le Soudan n'est pas dirigé aujourd'hui par un centre souverain, mais par des centres d'influence rivaux : l'armée, les forces de soutien rapide, les mouvements armés, qui reçoivent tous un soutien extérieur. Cette pluralité n'est pas aléatoire, mais fait partie d'un plan de "chaos organisé" utilisé pour justifier une intervention internationale ultérieure, sous le slogan de "protection des civils" ou de "reconstruction de l'État", alors que le véritable objectif est de remodeler le Soudan conformément aux intérêts du nouveau colonialisme.
Le régime d'Omar al-Bachir, malgré ses slogans islamiques, faisait partie du système international, où les sanctions américaines étaient une lourde menace, puis il a cherché à normaliser les relations avec l'Occident et l'entité juive. Il a laissé derrière lui un État épuisé, rempli de mouvements armés et infiltré sur le plan de la sécurité, ce qui a permis aux puissances coloniales de remodeler la scène politique après sa chute. L'un de ses principaux outils qu'il a fondés était les Forces de soutien rapide, qui ont été créées comme une force parallèle à l'armée, puis sont devenues un acteur indépendant dans le conflit, ce qui a ouvert la voie à la militarisation de la société et à la fragmentation de l'institution militaire.
Burhan a suivi la même approche, voire l'a approfondie, en armant de nouvelles milices sous des noms tels que "Résistance populaire" et "Bataillons d'action spéciale", et a également soutenu la formation des forces du "Bouclier de l'île" dirigées par Abu Aqela Kikel, qui combattent aux côtés de l'armée dans l'État d'Al-Jazira et ailleurs. Des rapports ont révélé que Burhan a distribué des armes aux civils de manière aléatoire, et l'a annoncé ouvertement dans des déclarations documentées, ce qui a conduit à des affrontements sanglants dans les villages d'Al-Jazira, et a ouvert la voie à une guerre civile à grande échelle. Ces politiques ne diffèrent pas dans leur essence des politiques du régime précédent, mais mettent en œuvre le même plan colonial, avec des outils et des visages différents.
Le Soudan se dirige vers un démantèlement systématique, géré par l'Amérique et mis en œuvre par des outils locaux. Les richesses sont pillées par le biais d'accords douteux avec des entreprises étrangères, et des privilèges sont accordés que le peuple du pays n'obtient pas. Par conséquent, la solution radicale du point de vue de la charia ne réside pas dans le rafistolage du système ou le remplacement de visages par d'autres, mais dans l'éradication du système colonial à la racine, par l'établissement d'un État du Califat bien guidé qui unit les musulmans et coupe la main du colonialisme de leurs pays, l'annulation des accords internationaux qui consacrent la subordination et pillent les richesses, la reconstruction de l'armée sur la base de la doctrine de l'islam et non sur la doctrine de l'allégeance à l'Occident, la libération de la décision politique de l'hégémonie internationale, et la restauration de la souveraineté de la charia, et non de la terre ou du peuple, conformément aux dispositions de l'islam.
La scène soudanaise n'est pas seulement une crise interne, mais un maillon d'un projet colonial mondial qui vise la nation islamique. Le devoir de la nation, tel qu'il est perçu par la charia, est de faire échouer ce projet et de reconstruire le Soudan en tant que partie d'un État islamique unifié, et non en tant qu'entité démembrée et subordonnée à l'Occident.
Source : Le Radar
