
2025-10-30
Le radar : les plans de l’Amérique au Soudan par le professeur Hatem Al-Attar
Premièrement : le conflit actuel au Soudan
Depuis le déclenchement de la révolution de décembre 2018, l’opinion publique soudanaise a été orientée par les médias et les services de renseignement vers deux options sans alternative : soit un gouvernement civil démocratique, soit un gouvernement militaire. Cette orientation n’était pas innocente, mais faisait partie d’une préparation préalable à une guerre intestine servant un projet international visant à démembrer le Soudan, comme l’a déclaré le général Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil de souveraineté, le 27 juin 2023, en disant : « Notre pays est exposé à un complot dont les motivations sont de désunir le pays ».
La stratégie américaine à l’égard du Soudan n’est pas isolée de sa politique en Afrique de l’Est et centrale, mais le Soudan est considéré comme la porte d’entrée vers le continent riche en ressources, comme l’a déclaré l’envoyé spécial américain pour le Soudan, Scott Gration, et confirmé par le président américain Trump, en disant que le Soudan figure parmi les priorités de la politique étrangère américaine.
Deuxièmement : le but du démembrement
Le Soudan représente une menace stratégique pour les intérêts de l’Amérique en Afrique, non seulement en raison de sa position et de ses ressources, mais aussi en raison de l’attachement de son peuple à l’islam, de son lien profond avec le Saint Coran, des écoles coraniques et de leur amour pour le Prophète ﷺ.
Malgré l’absence d’un État qui applique l’islam concrètement, l’Amérique et l’Europe craignent que le Soudan ne devienne une base pour le lancement d’un véritable projet islamique, et cherchent donc à laïciser complètement le Soudan et à démanteler ses valeurs morales islamiques.
Troisièmement : les ressources du Soudan
Comme l’a dit Napoléon : « Quand vous entendez parler de séditions, recherchez l’économie ».
Le Soudan est un pays exceptionnellement riche :
– Superficie avant la sécession du Sud : un million de miles carrés (2,5 millions de km2)
– Production de pétrole : 300 000 barils par jour, avec des réserves dépassant les 3 milliards de barils
– Or : troisième plus grand producteur mondial, avec des réserves estimées à 1 550 tonnes
– Agriculture : 200 millions d’acres de terres arables, dont 64 millions sont exploitées
– Pâturages : 115 millions d’acres
– Gomme arabique : le Soudan produit 80 % de la production mondiale, et est monopolisé par des entreprises américaines
– Uranium : le Soudan est considéré comme l’un des pays les plus riches en uranium
Quatrièmement : les outils du démembrement
L’Amérique utilise cinq outils principaux pour démembrer le Soudan :
1- Le gouvernement soudanais
2- Les mouvements de rébellion armée
3- L’opposition politique
4- Le micro-État du Sud-Soudan
5- Les organisations internationales et régionales
Mais l’outil le plus dangereux est celui des dirigeants militaires et sécuritaires, qui représentent les centres de pouvoir au Soudan : l’armée, les Forces de soutien rapide, les services de sécurité et la police.
L’Amérique s’est appuyée sur ces dirigeants depuis l’ère d’Al-Bachir jusqu’à la période d’Al-Burhan, pour mettre en œuvre son plan.
L’intérêt des dirigeants soudanais à mettre en œuvre le plan de l’Amérique
L’intérêt de certains dirigeants soudanais à permettre la mise en œuvre du plan criminel de l’Amérique visant à démembrer le pays se traduit par leur lien direct avec le soutien américain et occidental, qui est considéré comme leur seul garant pour rester au pouvoir.
– Certains d’entre eux estiment que le maintien de leur pouvoir est lié au soutien extérieur, et non à leur légitimité (nationale) ou à l’amour du peuple pour eux.
– Ils comptent sur la protection politique, financière et militaire fournie par l’Amérique et les pays occidentaux, ce qui les amène à payer le prix en mettant en œuvre des agendas qui refont le Soudan et démantèlent ses institutions.
– Faire passer leurs intérêts personnels avant toute chose, car ce soutien les maintient à l’abri de toute responsabilité interne.
– Ils utilisent les conflits tribaux et ethniques comme moyens de maintenir les habitants du pays occupés et dispersés, ce qui garantit qu’ils restent des forces dominantes et ne permet à aucune opposition réelle de s’étendre.
– Ces dirigeants ne veulent pas construire un pays uni et fort, mais préfèrent la division afin de rester les puissants qui contrôlent des parties de l’État.
– Les États-Unis et leurs outils les considèrent comme le seul garant de la stabilité de leurs intérêts dans la région, ils leur offrent donc une couverture et une protection politiques, en échange de la mise en œuvre de leur plan au Soudan.
Cinquièmement : le coup d’envoi – l’accord de Névache
Le régime d’Al-Bachir a signé l’accord de Névache en 2005, qui a conduit à la sécession du Sud et a brisé le dos du Soudan militairement et politiquement. Al-Bachir a reconnu lors d’une session du Conseil des ministres le 30 septembre 2010 en disant : « Nous avons mis en danger l’unité du pays en échange de la réalisation de la paix par la sécession du Sud ».
Les clauses les plus dangereuses de l’accord étaient le démantèlement de l’armée soudanaise, la consécration du tribalisme et du régionalisme, et l’armement de groupes tribaux contre d’autres, ce qui a conduit à des cascades de sang au Darfour, au Kordofan, au Nil Bleu et maintenant à Khartoum.
Sixièmement : obstacles au démembrement – le conflit américano-britannique
Bien que les deux parties de la colonisation s’accordent sur le démembrement du Soudan, elles sont différentes dans le partage de ses richesses ; le conflit entre la Grande-Bretagne et l’Amérique sur le Soudan est permanent, et chaque partie cherche à renforcer ses outils parmi les politiciens et les milices armées.
Après la révolution de décembre, le pouvoir a été transféré au Conseil militaire par l’intermédiaire du Comité de sécurité, et les premières étapes du partenariat avec les forces de la liberté et du changement ont commencé. L’Amérique cherche à expulser l’influence britannique par le biais d’un faux partenariat capable de se retourner contre elle à tout moment, et en fait, la guerre en cours au Soudan est l’un des scénarios du conflit international.
Le Soudan ne peut pas se stabiliser dans les circonstances complexes actuelles, sauf en expulsant le colonialisme sous toutes ses formes et en adoptant l’armée pour le projet de la nation, le projet du deuxième califat bien guidé sur la méthode de la prophétie, qui est le seul capable d’éradiquer l’influence de l’Amérique et de l’Occident avides de notre pays et pillant nos richesses, et qui nous fait vivre une vie de division, de chaos, de faim, de sous-développement et de maladie.
Source : Le radar
