"Génération Z" !
La nouvelle :
Le mouvement de jeunesse marocain "Génération Z" a évité d'organiser des sit-in ou des marches de protestation pacifiques, vendredi, en raison du lien de ce jour avec l'ouverture du Parlement et le discours prononcé par le roi du Maroc Mohammed VI devant les parlementaires. Le mouvement a annoncé qu'il n'y aurait pas de grève ni de protestation, par respect pour l'institution royale et le discours susmentionné, et a déclaré dans un communiqué : "Nous plaçons l'intérêt de la nation au-dessus de toute considération".
Il a précisé que l'absence d'organisation de toute forme de protestation pacifique le vendredi "ne signifie pas un recul par rapport à ses revendications légitimes, mais plutôt une expression de la discipline consciente et de la responsabilité nationale dont fait preuve notre jeunesse".
Dans un nouveau communiqué, il a annoncé que les manifestations n'auraient pas lieu samedi et dimanche, soulignant que cette décision intervenait après de longues heures de discussion et de consultation avec des experts de terrain et des militants de différentes villes, et sur la base d'une lecture attentive de la situation sur le terrain et des circonstances actuelles. (Al-Quds Al-Arabi)
Commentaire :
Les médias occidentaux et les études démographiques appellent génération Z les personnes nées entre 1997 et 2012 environ (après la génération Y ou milléniaux), une définition ancrée par le Pew Research Center depuis 2019 à des fins d'analyse comparative entre les générations.
Le choix de la lettre "Z" est dû à la continuation alphabétique après "X" puis "Y". Cette génération se distingue par le fait qu'elle est la première génération "née-connectée" à avoir ouvert les yeux à l'ère des smartphones et des réseaux sociaux. Puis TikTok est arrivé pour consacrer la culture de la vidéo courte et de la création de contenu instantané, de sorte que les plateformes sont devenues la première source d'informations, d'identité culturelle et de rôles sociétaux.
Concernant le mouvement marocain Génération Z 212, il s'agit d'un mouvement qui ne révèle pas l'identité de ses responsables, apparu dans un contexte international et qui se dissocie de la violence à travers ses premiers slogans dès sa descente dans la rue, et qui affirme "l'amour de la patrie et du roi", comme le mentionne un rapport de Deutsche Welle, soulignant que les protestations de ces jeunes se concentrent sur les secteurs de la santé et de l'éducation et la lutte contre la corruption.
Selon les données du Haut-Commissariat au Plan (une institution officielle), le nombre de Marocains âgés de 13 à 28 ans est de près de 10 millions, soit plus d'un quart de la population du Maroc, dont plus de 35% sont au chômage.
Revenant au discours du roi du Maroc et à son contenu, on remarque d'une part sa déconnexion avec la réalité amère que vivent les musulmans au Maroc, en plus de la répétition de phrases vides qui ne nourrissent pas et ne rassasient pas, sans solutions radicales aux problèmes du pays, ni mesures pratiques concrètes qui sauvent le pays et ses habitants.
Mais comment s'attendre à cela d'un régime pourri basé sur le système capitaliste qui n'engendre que l'injustice, l'asservissement et la corruption sur la corruption ?
On notera cependant dans les slogans et les discours de ce mouvement (jusqu'à présent) une séduction du roi et un souci de maintenir le régime, comme l'affirmation de "l'amour de la patrie et du roi", puis dans l'arrêt des manifestations les samedi et dimanche également sous prétexte qu'il s'agit d'une "démarche stratégique, visant à renforcer l'organisation et la coordination, et à garantir que la prochaine étape soit plus efficace et percutante, loin de toute improvisation ou exploitation extérieure".
La demande de traduire les corrompus en justice, de tenir le gouvernement responsable de la détérioration des conditions humaines et économiques, et la demande de démission du chef du gouvernement indiquent que ce mouvement est censé évoluer dans un cadre précis qu'il ne doit pas dépasser.
La question qui se pose est de savoir si ce mouvement exprime réellement le pouls de la rue musulmane au Maroc et ses aspirations ? Et la satisfaction de ces revendications fera-t-elle une différence tant que la base de la corruption se trouve à la tête du régime ?
Et peut-on espérer d'un régime qui combat Allah et son messager, qui s'allie à l'impiété et aux mécréants et qui inflige aux musulmans les pires tourments depuis des décennies, en plus de la pauvreté, du besoin, du chômage et du gaspillage des richesses et des fonds publics dans le sport ? Peut-on espérer de lui du bien ou une lueur d'espoir de réforme ?
Que chacun sache que ce à quoi sont parvenus ces régimes ne sert à rien de rafistoler ici ou là, et que les revendications légitimes de la jeunesse marocaine (comme c'est le cas pour le reste de la jeunesse musulmane) ne seront jamais satisfaites tant que ces régimes seront assis sur le cœur des musulmans. Il est donc impératif que des hommes sincères et conscients de la réalité douloureuse prennent la tête de la foule des jeunes, qu'ils comprennent la cause de cette réalité et qu'ils voient au-delà du mur et de la nouvelle vie à laquelle on veut parvenir pour que la justice et la prospérité règnent et que les musulmans jouissent de la dignité et de l'honneur. Et cela ne peut se faire que par l'Islam et son système.
Écrit pour la radio du Bureau central d'information du Hizb ut-Tahrir
Hossam Eddin Mostafa