Les détenus libanais et les prisonniers syriens à Idlib
Une épine dans le pied de l'administration transitoire qui doit être arrachée
Nouvelle:
Le dossier des détenus syriens dans les prisons libanaises constitue toujours un point de tension sensible entre Beyrouth et Damas, et menace de raviver les tensions dans les relations bilatérales en cas de maintien de l'impasse à ce sujet, notamment après des informations faisant état de l'intention du gouvernement syrien de prendre des mesures d'escalade, dont la fermeture des points de passage frontaliers, avant que Damas ne s'empresse de le nier.
Malgré ce démenti, la question reste sérieusement posée sur la table libanaise, compte tenu de sa sensibilité judiciaire et politique, et de son lien avec les droits de plus de deux mille détenus syriens, dont beaucoup n'ont pas été jugés depuis des années, selon le site "Al-Modon".
Commentaire:
Ce ne sont pas seulement les détenus de la prison de Roumieh qui constituent un obstacle à l'administration transitoire aujourd'hui, mais le dossier des prisonniers d'opinion dans les prisons d'Idlib est également un obstacle majeur qui n'a pas encore été traité, surtout avec les voix croissantes des familles qui exigent la libération de leurs enfants, après avoir vu la distribution de certificats de pardon et de tolérance à ceux qui les ont tués, déplacés et maltraités pendant des années de révolution !
Ici, nous donnons un exemple qui pourrait être une porte d'entrée pour examiner la question comme il se doit. Lorsque Bachar al-Assad a hérité du pouvoir en Syrie, il s'est assis comme un idiot sur une chaise piégée sans le savoir. Quelques heures après son arrivée au pouvoir, certains pays ont commencé à lui demander des dossiers et à l'inviter à les régler, notamment le dossier des Frères musulmans qui ont été maltraités par Hafez al-Assad et son frère criminel Rifaat dans la prison de Tadmor.
Ce dossier a constitué un fardeau considérable pour Bachar le Boucher pendant des décennies, et a été l'une des raisons qui ont contribué à l'embrasement de la révolution et à son lancement depuis son berceau, Deraa. La vérité est que les options d'Al-Assad le Fugitif n'étaient pas nombreuses, et ce dossier était comme la corde qui se resserrait autour de son cou de temps en temps.
Aujourd'hui, personne ne peut nier que la révolution a reçu le soutien de Libanais partisans et de Syriens favorables, dont certains se trouvent aujourd'hui dans la prison de Roumieh. Soyez donc très prudents quant à les abandonner ou à ignorer leur cause.
Quant au dossier des prisonniers d'opinion à Idlib, il a à lui seul une longue histoire, surtout si l'on considère les raisons de leur détention et de leur arrestation, qui - si nous les examinons - s'avèrent être des revendications justes. Ils ont demandé l'ouverture des fronts, et sans ces demandes, les fronts n'auraient jamais été ouverts. La vérité est que le bien que nous avons aujourd'hui est dû, après la grâce de Dieu Tout-Puissant, à ces demandes, que cela plaise ou non.
Pourquoi ces gens sont-ils arrêtés ? Et dans l'intérêt de qui sont-ils maintenus en prison ?
Est-il logique de bien traiter ceux qui ont tué, déplacé et maltraité, et de répondre aux revendications des ayants droit par l'arrestation et la disparition ?!
Leurs revendications exprimaient la voix du berceau révolutionnaire. Les gens, dans leurs déplacements, dans leurs rassemblements, parlaient du fait que les dirigeants de la révolution - militaires et politiques - étaient devenus des outils entre les mains des États, et des esclaves de leurs dollars.
Quant aux détenus d'aujourd'hui, leurs revendications portaient sur la libération de la décision militaire de la révolution, et sur le fait que les fronts ne soient ouverts ou fermés que sur ordre extérieur. La personne qui prend cette position doit-elle être récompensée par la prison ?!
Plus étrange encore, leurs maisons ont été perquisitionnées à des heures critiques et de manière terrifiante, alors que leurs familles voient la "tape dans le dos" dont bénéficient ceux qui ont déplacé, maltraité et tué, et même la courtoisie dont font preuve ceux qui amènent les miliciens recherchés !
Ce que nous avons mentionné n'est-il pas un danger imminent qui pourrait conduire à une explosion qui ne laisse rien derrière elle ?
Les dossiers des détenus de Roumieh et d'Idlib sont deux épines dans le flanc de la révolution qui doivent être arrachées, et non ignorées.
Car si l'on laisse l'épine, elle provoque une inflammation, puis une douleur insupportable.
Alors, prenez l'initiative de trouver une solution, et ne tergiversez pas comme d'autres l'ont fait et sont tombés dans le piège.
Ces deux dossiers sont parmi les plus dangereux qui doivent être traités, et l'erreur qui a été commise doit être corrigée, car ceux qui sont en prison sont des pionniers et des sincères. L'homme juste est celui qui voit le danger avant qu'il ne survienne, et qui vous en avertit. Quant à celui qui rit à votre visage pendant que vous tombez, il attend que votre chute soit complète pour vous poignarder dans le dos.
﴿Il y a assurément là un rappel pour quiconque a un cœur﴾
Écrit pour la radio du Bureau central d'information du Hizb ut-Tahrir
Abdou al-Dalli
Membre du Bureau d'information du Hizb ut-Tahrir dans la province de Syrie