Importations de riz : Colonialisme et mort de l'agriculture
(Traduit)
L'information :
La Cour suprême du Kenya a récemment levé une interdiction gouvernementale sur l'importation de riz exonéré de droits de douane, permettant aux commerçants d'inonder le marché de riz étranger bon marché. Bien que certains puissent saluer cette décision comme un moyen de réduire le coût de la vie, ses profondes répercussions ne peuvent être ignorées.
Commentaire :
Cette décision ne se limite pas au riz ; elle s'inscrit dans un modèle beaucoup plus large de restructuration économique imposée au Kenya par les diktats des institutions financières internationales telles que le Fonds monétaire international. Ces institutions se présentent comme des sauveurs des économies en difficulté, mais leurs prétendues "solutions" sont conçues pour démanteler les industries locales, paralyser l'autonomie et ancrer la dépendance. Au Kenya, l'agriculture a toujours été la colonne vertébrale de l'économie. Cependant, l'inondation du marché par des importations bon marché rend les agriculteurs locaux incapables de concurrencer, détruit leurs moyens de subsistance et affaiblit la base agricole du pays.
Le parcours du Kenya sous la tutelle du FMI n'est pas unique. La Somalie offre un exemple tragique de la façon dont ces politiques peuvent complètement démanteler l'épine dorsale économique d'une nation. Pendant des siècles, l'économie pastorale de la Somalie a prospéré grâce à la production et au commerce du bétail. Les bergers vivaient dans la dignité, l'autosuffisance et la résilience. Mais dans les années 1980 et 1990, la Somalie a subi des réformes du FMI et de la Banque mondiale qui se sont avérées désastreuses. Dans le cadre des programmes d'ajustement structurel et des conditions qu'ils ont imposées, la Somalie a été contrainte de démanteler les fondements de son économie alimentaire et animale, de réduire les dépenses dans les secteurs vitaux et de libéraliser le commerce, ce qui a dépouillé les agriculteurs de leur protection, les laissant exposés aux importations bon marché et les poussant finalement à la dépendance.
La libéralisation du commerce imposée par le FMI et l'inondation de la Somalie par l'aide alimentaire l'ont transformée d'une terre autosuffisante en un pays souffrant d'une dépendance chronique. La pauvreté s'est aggravée, la famine s'est répétée et elle a été dépouillée de sa dignité, car des communautés entières n'étaient plus capables de subvenir à leurs besoins.
Le Kenya risque maintenant de suivre la même voie ; en autorisant les importations exonérées de droits de douane de produits alimentaires de base tels que le riz, le gouvernement ouvre la voie à la destruction de ses agriculteurs, tout comme les bergers et les agriculteurs somaliens ont été laissés entre les griffes de la pauvreté. Le FMI a toujours imposé des programmes d'ajustement structurel comme conditions aux prêts et au service de la dette. Ces programmes peuvent sembler techniques, mais ils représentent un contrôle direct et un moyen d'exploiter les ressources, et leur impact est dévastateur.
Comme en Somalie, les agriculteurs qui nourrissaient autrefois la nation sont désormais incapables de vendre leurs produits, malgré les vaines promesses du gouvernement de les acheter. La réalité demeure que les importations bon marché vont inonder le pays, affaiblissant délibérément un secteur qui fournit des emplois à des millions de personnes et fait vivre des communautés rurales entières. Ce n'est pas accidentel ; c'est structurel.
La seule véritable alternative réside dans l'islam, appliqué de manière globale sous le Califat. L'islam ne sépare pas l'économie de la politique, ni ne réduit le problème économique à de simples chiffres et marchés, mais le traite comme un problème humain qui doit être résolu. L'islam fournit un système divin qui préserve les moyens de subsistance et la dignité. Le Califat est tenu de garantir que chaque individu ait accès à la nourriture, aux vêtements et au logement. Cela s'est manifesté sous le règne d'Omar ben Abdelaziz, le calife qui veillait à ce que personne ne soit laissé affamé dans l'État. La richesse était distribuée avec une équité telle que les collecteurs de zakat ne trouvaient personne pour l'accepter. Il a dit dans son testament célèbre : "Répandez la nourriture sur les sommets des montagnes, afin qu'on ne dise pas que les animaux sont morts de faim pendant mon règne."
La seule façon de sortir de cette spirale est de rejeter le cadre capitaliste imposé par des institutions telles que le FMI et d'appliquer le système révélé par Dieu : l'islam sous le Califat. Alors seulement, la sécurité alimentaire, la dignité et l'indépendance de la nation pourront être rétablies.
Écrit pour la radio du Bureau des médias centraux du Hizb ut-Tahrir
Moussa Kabingeno Routech