Série "Le Califat et l'Imamat dans la pensée islamique"
de l'écrivain et penseur Thaer Salama – Abu Malik
Soixante-sixième épisode : Garanties de réalisation de l'État de droit entre la conception islamique et la conception occidentale – C2
Il est dit dans le vingt-cinquième numéro du magazine Al-Wa'i :
La souveraineté selon l'Occident : c'est posséder la volonté et posséder l'exécution. Si la volonté est retirée et que sa gestion est entre les mains d'autrui, celui dont la volonté est retirée devient un esclave, et s'il gère sa volonté par lui-même, il est un maître.
Quant au pouvoir chez eux, c'est : l'exercice du gouvernement et de la justice. La différence entre la souveraineté et le pouvoir est que la souveraineté comprend la volonté et l'exécution, c'est-à-dire qu'elle comprend la gestion de la volonté et l'exécution, tandis que le pouvoir est uniquement lié à l'exécution et ne comprend pas la volonté.
Quant à la différence entre le concept de pouvoir et de souveraineté en Occident, et son concept chez les musulmans, l'Occident est parvenu aux théories de la souveraineté de la nation, et de la nation source des pouvoirs après un conflit sanglant qui a balayé l'Europe au Moyen Âge et a duré plusieurs siècles, où elle était gouvernée par des rois qui asservissaient les gens dans le cadre de la théorie du droit divin, qui est : que le roi a un droit divin sur le peuple, et en vertu de ce droit divin, les rois possèdent le pouvoir, la législation et la justice, et le peuple n'a aucun droit dans ces affaires, et les gens sont des esclaves sans opinion ni volonté, mais ils doivent exécuter et obéir, et l'injustice et la tyrannie qui frappent la nation proviennent de ce que les rois apprécient du droit de légiférer et du droit au pouvoir, alors les gens ont crié et des révolutions ont éclaté et de multiples théories ont émergé pour éliminer complètement la théorie du droit divin, et c'est ainsi que ces deux théories ont émergé en Occident. Et ils sont parvenus à la conclusion que le peuple doit gérer sa volonté par lui-même car il n'est pas un esclave du roi, mais il est libre, et tant que le peuple est le maître, c'est lui qui possède la législation et l'exécution, et cette idée a réussi après le conflit sanglant, et les conseils parlementaires ont été trouvés pour représenter la nation dans l'exercice de la souveraineté, alors ils ont dit le conseil des représentants est maître de lui-même, donc la théorie de la souveraineté de la nation signifie que la nation possède la gestion de sa volonté et possède l'exécution de cette volonté, et la théorie de la nation source des pouvoirs signifie que la nation est celle qui délègue le gouverneur en son nom pour gouverner en son nom, que le gouverneur soit un exécutant (pouvoir exécutif) ou un juge (pouvoir judiciaire), les deux sont des gouverneurs et chacun d'eux est un pouvoir.
Et comme la nation peut exercer directement la gestion de la volonté, c'est-à-dire qu'elle peut légiférer, elle l'exerce elle-même par l'intermédiaire de représentants en son nom1, et c'est pourquoi on ne dit pas que la nation est la source de la législation, mais on dit que la législation est pour la nation car c'est elle qui l'exerce elle-même2. Quant au pouvoir, la nation ne peut pas l'exercer elle-même car cela est pratiquement impossible, et c'est pourquoi le pouvoir n'était pas pour la nation mais le pouvoir est exercé par d'autres que la nation avec une délégation de sa part, et une procuration de sa part, elle était donc la source du pouvoir, c'est-à-dire qu'elle donne le pouvoir à celui qu'elle délègue en son nom, tout comme le maître délègue son esclave, pour exécuter ce qu'il veut qu'il exécute selon sa volonté, ainsi que le gouverneur, y compris le juge. Il est en effet un représentant de la nation et un délégué de sa part pour exercer le pouvoir, et ce selon sa volonté, c'est-à-dire selon ce qu'elle légifère en matière de lois.
Cette réalité de la nation en Occident en termes d'être maître d'elle-même contredit la réalité de la nation islamique, car la nation islamique est ordonnée de gérer toutes ses actions selon les règles de la charia, car le musulman est un serviteur de Dieu, il ne gère donc pas sa volonté ni n'exécute ce qu'il veut, mais il gère sa volonté selon les ordres et les interdictions de Dieu, mais c'est lui qui exécute, et c'est pourquoi la souveraineté n'est pas pour la nation mais elle est pour la charia, quant à l'exécution, elle est pour la nation, et c'est pourquoi le sultanat était pour la nation.
Et comme la nation ne peut pas exercer directement le sultanat elle-même, il est donc nécessaire qu'elle délègue en son nom celui qui l'exerce.
Et la charia est venue et a désigné la manière dont elle l'exerce par l'allégeance et le système du califat, le sultanat était donc pour la nation, elle choisit avec son consentement qui l'exerce en son nom, mais selon les règles de la charia, c'est-à-dire non pas selon sa volonté mais selon la loi de Dieu. Et c'est pourquoi la souveraineté était pour la charia, et le sultanat était pour la nation3. Fin
1- Il est évident maintenant que l'idée que les députés légifèrent au nom de la nation est une idée qui ne s'applique pas à la réalité et c'est une idée trompeuse, voir dans ce livre le chapitre : La séparation des pouvoirs dans le système occidental, qui est un principe qui n'existe pas dans la réalité.
2- Parmi les valeurs sur lesquelles repose la démocratie et dont elle dépend pour son existence et son absence : l'application de l'opinion de la majorité dans la société, la prévention de la concentration des pouvoirs entre les mains de la minorité, ou son exploitation, et la représentation des pouvoirs de l'opinion du peuple, et ces trois valeurs sont impossibles à réaliser dans la réalité, et tout le système occidental est basé sur le mélange et l'imbrication des pouvoirs et leur concentration entre les mains des partis au pouvoir, et les législations sont faites par une minorité de juristes et de juges, et on ne revient au peuple que dans une infime partie d'entre elles, et le sujet comporte de très nombreux détails qu'il est difficile de recenser ici, mais la démocratie est une philosophie imaginaire trompeuse, qu'il est impossible de trouver dans la réalité !
3- Le vingt-cinquième numéro du magazine Al-Wa'i