Résumé du livre La Pensée - Sixième épisode
Il est impératif, lorsqu'on envisage un changement, de considérer d'abord la base, car c'est sur elle que repose la vie, et c'est par elle que se pratique la vie. Si c'est une conviction mentale qui correspond à la nature humaine, alors il n'y a pas besoin de changement, car le changement se produit lorsque les choses ne sont pas correctes. Si la base n'est pas correcte, toute réflexion sur un changement ultérieur est vaine. Cependant, si la base est correcte, ceux qui ont la base correcte doivent apporter le changement à ceux qui n'ont pas de base ou dont la base est erronée. Une fois la base correcte établie, il est facile de modifier les normes, les concepts et les convictions, car la base est la norme fondamentale, le concept fondamental et la conviction fondamentale. La réflexion sur le changement n'existe pas chez ceux qui ressentent le besoin de changement, mais elle existe tant qu'il y a un besoin de changement dans l'univers. L'homme essaie d'opérer des changements partout où c'est nécessaire. La réflexion sur le changement naît du simple sentiment de la vie, même si elle est combattue par les forces qui refusent le changement. On amène les gens à penser soit par la force, soit en les persuadant de la nécessité de réfléchir au changement, après quoi la réflexion sur le changement devient facile.
La lecture n'engendre pas la pensée, car beaucoup de ceux qui lisent ne pensent pas, ou n'atteignent pas les idées exprimées par les mots. Si une personne comprend bien l'expression, elle aura des idées grâce à sa bonne compréhension et non grâce à la lecture. La lecture ne fait pas progresser les nations, car la pensée vient de la réalité et des informations antérieures, et la lecture n'est ni une réalité ni des informations antérieures. Les textes courants sont littéraires, politiques, intellectuels et législatifs. Dans les textes littéraires, on s'intéresse aux structures et aux mots plutôt qu'aux significations, et on s'intéresse aux significations du point de vue de leur aptitude à l'imagerie ou non. Le but des textes littéraires est d'exciter le lecteur plutôt que de donner un sens. Le but fondamental n'est pas de transmettre des significations, mais d'exciter le lecteur. La compréhension de ces textes nécessite une connaissance préalable des mots et des structures, ainsi que la lecture de textes littéraires, de manière à développer le goût. La question est une question de goût, et cela ne vient qu'après la pratique, la dégustation fréquente et la lecture fréquente de textes. Les informations antérieures consistent à former le goût, et si ce goût n'est pas formé, l'idée peut être perçue, mais elle vous excite sans vous affecter et vous n'y réagissez pas. L'écrivain choisit les faits les plus marquants ou ce qu'il peut y trouver une manifestation de la beauté et les rapproche du lecteur.
C'est le contraire des textes intellectuels, qui sont le langage de la raison et non celui de l'émotion. Ils visent à nourrir l'esprit avec des idées, et l'attention est portée d'abord aux significations, puis aux mots et aux structures. Leurs mots se caractérisent par la précision et la spécificité, et leur compréhension nécessite une connaissance préalable du texte lu. La réalité de ces informations antérieures et leur signification doivent être imaginées, et pas seulement comprises. Par exemple, dans un texte qui parle de politique en arabe, il ne suffit pas de connaître la langue arabe et ce que chaque mot signifie, mais il faut que les idées présentes dans le texte soient imaginées, que l'on connaisse la conscience politique, les tendances de la lutte et les orientations opposées que l'on peut rencontrer dans la lutte... Que les textes intellectuels affectent ou non les sentiments, cela n'affecte pas leur description comme un texte intellectuel, tant que l'attention est portée aux idées. Il est vrai que ces textes sont adaptés à tous, mais en profondeur, leur compréhension n'est pas à la portée de tous, mais chacun peut en prendre en fonction de sa capacité à comprendre. Ceux qui n'ont pas de connaissances antérieures à leur niveau ne peuvent pas les comprendre, et la compréhension du texte intellectuel doit être correcte. Ainsi, pour comprendre un texte intellectuel, il faut - outre l'existence de connaissances antérieures - que les informations antérieures soient à son niveau, que ses significations soient perçues et comprises correctement, car le texte intellectuel est compris pour être pris et appliqué. L'islam, avec ses croyances, est venu progressivement en fonction des événements, et c'est ainsi que les musulmans l'ont compris, car ils s'en sont fait une image, et ils ont été complètement transformés.
La pensée est comprise pour déterminer la position à adopter à son égard, soit l'accepter, soit la rejeter et la combattre, et non l'accepter inconditionnellement. Cette question est nécessaire pour ne pas commettre d'erreur et s'écarter de la question fondamentale, comme cela s'est produit avec la philosophie grecque que les musulmans en Irak ont étudiée. Certains l'ont fait pour l'utiliser pour répondre aux chrétiens, et une équipe s'y est consacrée par plaisir et l'a adoptée jusqu'à ce qu'elle devienne son opinion, tout en tenant compte de l'islam, et un certain nombre d'entre eux se sont égarés et ont erré loin jusqu'à l'incrédulité. Quant à ceux qui l'ont étudiée pour répondre aux chrétiens, certains l'ont considérée comme une base et ont essayé d'interpréter les règles de l'islam d'une manière qui soit conforme à celle-ci, et ce sont les Mutazilites. D'autres ont tenté de la réfuter et de la corriger, et ce sont les sunnites. Ainsi, le débat s'est poursuivi entre ces deux groupes, et de nombreuses autres sectes sont apparues par la suite, et les musulmans se sont divisés en des dizaines de sectes à cause de cette philosophie et de l'absence de compréhension de sa réalité et de l'image correcte de ses significations. Sans les sunnites et le Jama'ah, l'islam aurait été perdu, de même que pour les idées capitalistes et socialistes et ce qu'elles ont provoqué dans l'esprit des musulmans. Oui, la loi a permis l'étude intellectuelle, mais elle a fait de l'islam la seule base de son acceptation, et pour savoir si cette pensée sera acceptée ou non, il faut comprendre sa réalité et sa signification d'une manière correcte, et avoir des informations antérieures au niveau de la pensée.